Publié dans "Innovation"

L’éditeur de logiciels Novyspec s’appuie sur l‘Internet des objets pour développer des solutions technologiques novatrices autour du concept d’“inspecteur augmenté”. Une approche assez visionnaire dans ce secteur d’activité. Explications.

« Au vu de notre connaissance de l’industrie et de ses pratiques, nous avons pressenti que l’Internet des objets allait changer beaucoup de choses dans ce secteur au cours des années à venir, explique Jean-Philippe Lerat, fondateur et dirigeant de Novyspec. Nous nous sommes intéressés en particulier à ce que l’Internet des objets peut apporter en matière d’inspection industrielle, c’est-à-dire sur toutes les activités qui nécessitent une intervention humaine pour effectuer des constats et/ou des rapports (1). »

Jean-Philippe Lerat, fondateur et dirigeant de Novyspec. © crédit photo : Véronique Huyghe

Novyspec est un “spin off” de Sodius, entreprise basée à Nantes, à Paris et aux USA, qui édite depuis une vingtaine d’années des logiciels professionnels (pour la défense, l’automobile, le spatial…). Lauréate de la French IoT(2) 2017, la société a été sélectionnée par le groupe La Poste pour présenter ses réalisations lors du dernier Consumer Electronics Show de Las Vegas.

Faciliter la captation, la remontée et l’exploitation des informations

L’équipe de Novyspec en est convaincue : la montée en puissance de l’IoT (Internet of Things) va changer en profondeur la façon dont les métiers de l’inspection sont exercés, pilotés et suivis. Et ce, à plus d’un titre. D’une part, les objets connectés faciliteront le travail des inspecteurs sur site, qu’il s’agisse de localiser les points de contrôle, de compléter des observations visuelles grâce à des outils d’analyse d’images ou de consulter la documentation relative à l’équipement et à son historique… De plus, ils permettront de faire remonter directement les données collectées sur le terrain vers un ou plusieurs systèmes d’information capables de les exploiter au mieux et au plus vite. « Cela va se traduire par une meilleure productivité, une moindre pénibilité, une sécurité renforcée et une totale traçabilité des opérations », assure Jean-Philippe Lerat.

De plus en plus d’objets connectés, tous plus ou moins différents

Mais à l’heure actuelle, les acteurs de l’inspection industrielle ne sont pas encore en mesure de tirer pleinement parti de toutes ces nouvelles possibilités, notamment du fait de l’hétérogénéité du matériel.

« Cette activité fait appel à différents outils, dont chacun est généralement conçu par un fournisseur spécifique, souligne Jean-Philippe Lerat. Ainsi, un opérateur chargé d’inspecter des vannes sur une série de machines pourra se voir équipé successivement, par exemple, d’un renifleur capable de vérifier l’étanchéité des vannes, ensuite d’une paire de chaussures de sécurité connectées, puis d’une clé dynamométrique permettant de contrôler le couple de serrage des écrous et des vis… Mais pour que ce concept, que nous appelons celui de “l’inspecteur augmenté”, amène un réel progrès, il manquait une solution permettant d’utiliser au mieux cette panoplie d’objets connectés de toutes natures et de toutes provenances. »

Permettre une gestion intégrée des objets et des données

Dans la grande majorité des cas, très logiquement, la collecte et le traitement des informations fournies par cette nouvelle génération d’objets connectés génère un important volume et une grande variété de données. Or il s’avère que celles-ci sont encore remontées et traitées de façon extrêmement rudimentaire (papier, tableurs…), ce qui ne permet pas de tirer véritablement parti du côté “connecté” de ces nouveaux objets. C’est pourquoi, selon Jean-Philippe Lerat, les industriels et leurs équipes informatiques ont besoin d’être accompagnés pour assurer une gestion intégrée de tous les nouveaux flux de données liés à l’arrivée des objets connectés dans leurs usines. Et ce, dans les deux sens du terme “intégrer” : gérer les données de façon centralisée et coordonnée au sein d’une plateforme conçue spécifiquement et équipée des interfaces ad hoc, et les faire interagir avec les processus métier dans un objectif d’optimisation. Novyspec a donc développé une boîte à outils pensée pour permettre une telle approche, y compris en situation de mobilité sur PC portable, smartphone ou tablette.

« La valeur ajoutée que nous apportons tient évidemment à la solution en soi, dont le développement a demandé plus d’un an de R&D à partir d’une connaissance déjà poussée de ces secteurs, note Jean-Philippe Lerat. Mais ce que les clients vont attendre de nous, c’est aussi que nous les aidions à paramétrer l’outil de façon très précise en fonction de l’application qu’ils comptent en faire. Dans les faits, sur le plan technique, cela ne s’avère pas simple… »

Phase pilote et confidentielle

Novyspec mène actuellement plusieurs expérimentations avec des clients industriels.

« Nous travaillons notamment avec un acteur de l’agroalimentaire sur la problématique très sensible qu’est celle de la qualité du nettoyage bactériologique, indique Jean-Philippe Lerat. Nous menons aussi un projet important, pour l’instant confidentiel, dans le domaine du ferroviaire. »

C’est à la toute fin 2018 que les premières applications commerciales de la solution devraient être mises en place.

(1) Visites d’installations, comptes rendus d’opérations de maintenances, qualification réglementaire, liste de points de contrôle sur un équipement, recherches de fuites…

(2) “French IoT” est un programme de soutien lancé par le groupe La Poste pour soutenir l’innovation française dans l’Internet des Objets. Il associe startusp, PME innovantes, grands groupes et écosystèmes territoriaux.

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