Publié dans "Regard"

Comment redorer l’image de l’industrie pour attirer les jeunes générations ? Un sujet de plus en plus d’actualité qui mobilise l’ensemble des industriels, comme Stéphanie Cornut, responsable RH à La Fromagerie Tessier, et Louise Grelet, chargée de relations écoles chez Sodebo.
Réactions saisies à l’occasion de la table ronde organisée par Randstad Inhouse le 6 juin dernier à Nantes sur les jeunes et l’industrie.

Méconnaissance des métiers industriels par les millennials, poids des stéréotypes, importance de la marque employeur, pénurie de compétences… sont autant de points qui ont été abordés lors de la conférence sur les jeunes et l’industrie. Qu’en avez-vous retenu ?

Stéphanie Cornut

Stéphanie Cornut : Écouter les témoignages de jeunes qui livrent leur regard sur l’univers industriel et ses métiers, mais aussi leurs aspirations professionnelles est très instructif. Leurs commentaires nous renvoient sur les points sur lesquels nous devons agir pour répondre à leurs interrogations et avancer avec eux. Les différentes prises de parole des professionnels nous l’ont montré une fois de plus : nous devons partager ensemble, notamment sur la recherche de partenariats et de solutions pour progresser plus vite. Nous sommes dans un monde qui change, dans un virage qui nous laisse plus ou moins perplexes sur la façon de rendre l’industrie plus attractive auprès des jeunes. Il nous faut envisager les problématiques de très court terme, mais aussi s’intéresser à celles de court et moyen terme et le fait d’échanger entre industriels nous permet d’imaginer des solutions.

Louise Grelet : Cibler en priorité les jeunes générations pour répondre au déficit de main-d’œuvre que connaît l’industrie est plus que jamais primordial. À travers ce type de rencontre, l’idée n’est certes pas de trouver un concept révolutionnaire pour mettre en adéquation la réalité de l’offre et de la demande. Mais ce n’est qu’en échangeant nos bonnes pratiques et en recueillant les témoignages de différents acteurs de l’emploi et du monde industriel que nous parviendrons à nourrir notre politique de recrutement et notre stratégie de communication.

En quoi le manque d’attractivité que connaît l’industrie auprès des jeunes fait-il écho à votre quotidien ?

Stéphanie Cornut : Dans l’industrie agroalimentaire, nous peinons, depuis plusieurs années déjà, à recruter des techniciens de maintenance et les cabinets de recrutement que nous sollicitons n’y parviennent pas plus. Nous avons la chance à La Fromagerie Tessier de faire partie du groupe Savencia. Nous réfléchissons donc ensemble sur les solutions à déployer en termes de formation interne pour faire évoluer nos opérateurs et répondre à notre besoin de compétences. Nous avons également revu toutes nos grilles de rémunération pour être plus attractifs, monté des partenariats avec des écoles et lancé des vidéos dans lesquelles nos salariés témoignent sur leur métier et sur la façon dont ils ont gravi les échelons. Nous devons avoir une démarche plus marketing et parvenir à communiquer sur notre réalité pour attirer les jeunes.

Louise Grelet

Louise Grelet : L’industrie agroalimentaire est confrontée à une double problématique : le déficit d’image que rencontre de façon générale l’industrie auprès des millennials et les conditions de travail où le froid et les produits crus peuvent, par exemple, être un frein pour certains. Il nous est difficile de trouver des candidats, d’autant plus que notre secteur connaît un taux de chômage qui avoisine les 4%. Pour trouver les compétences dont nous avons besoin, il nous faut aller bien au-delà de Montaigu où se situe notre site de production.

Pour répondre à ce manque d’attractivité, nous avons, à titre d’exemple, participé à un dispositif qui s’est créé cette année en Vendée pour communiquer sur nos métiers et les revaloriser. Nous avons ainsi accueilli au sein de notre entreprise un enseignant qui a passé une journée en immersion dans nos ateliers de production et deux autres demi-journées pour découvrir nos fonctions support. J’ignore si nous parviendrons à mesurer le retour sur investissement de cette action, mais ce qui est certain c’est que cet enseignant pourra désormais véhiculer des messages plus justes sur l’industrie, auprès de ses élèves.

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